Article du 3 avril 2026.
Dans la métropole lilloise, les paroisses pansent à nouveau les plaies d’un travail d’État non effectué concernant la prise en charge des mineurs exilés en recours. Mais le 13 avril, cette prise en charge s’arrête et les jeunes risquent de retourner à la rue.
Un « éternel recommencement« , c’est le sentiment partagé par tous ce vendredi 27 mars au matin : jeunes, paroisiennes, référentes d’Utopia 56… Ce matin, on partage un café et quelques viennoiseries dans un local de la paroisse de Villeneuve-d’Ascq. Une représentation du Christ orne un des murs blancs. Sur un autre, le message « … » rappelle la solidarité au cœur de toutes celles et ceux qui s’engagent au quotidien en faveur des plus démunis. Parmi eux, une dizaine de mineurs non accompagnés, hébergés pour l’hiver dans la salle de réunion. Aziz et Amadou en font partis. Tous deux d’origine guinéenne, ils sont arrivés dans le nord de la France en janvier 2026 et, comme la plupart des jeunes exilés qui arrivent dans le Nord, n’ont pas été reconnus mineurs par le département. Ils ont entamés un recours auprès de la justice et attendent une réponse. En attendant, ils ne sont reconnus ni mineurs ni reconnus majeurs, et sont ainsi livrés à eux-même, sans aucune autre aide que celle, bénévole, d’associations et de citoyens solidaires. Marie, coordinatrice à Utopia 56 Lille, le rappelle : « 80% des jeunes sont reconnus mineurs à la suite de leur procédure« . Depuis leur arrivée, les deux guinéens ont rejoint le collectif des mineurs isolés en lutte de Lille pour faire valoir leurs droits.
à lire sur Lille : Le 13 avril, près de 60 mineurs isolés risquent de retourner à la rue. – Espaces